Les news du 18 juin: C'est la fin de l'aventure.....

Nous voilà depuis 10 jours de retour et, chose amusante, 10 jours sans connexion car en attente de la réouverture de notre ligne téléphonique....

Il faut s'y faire, l'aventure est bien terminée et nous reprenons nos marques. Premier jour de rentrée pour les filles qui redécouvrent leur école ou au contraire, inaugure leur première rentrée pour Lara!

Premières festivités aussi, famille et amis sont bien présents et nous entourent.

Et aussi prochains départs pour certains comme la famille Stoll, qui s'apprète à partir dans 15 jours pour ce même type d'aventure. Derniers conseils mais dont le principal pourrait être "Foncez, cela en vaut tellement le coup".
La roue tourne....

Alors encore un grand merci à tous ceux qui nous ont aidés, encouragés et soutenus dans cette merveilleuse aventure.

Que ceux qui nous ont suivis et sont originaires de notre Ardèche, se rassurent, nous organiserons à la rentrée une conférence sur ce beau périple avec un montage à l'appui.




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samedi 8 mai 2010

Les bougies magiques des 6 ans de Valentine!

Nous avions quitté El Chaiten pour se trouver un petit coin plus accueillant. C'est dans la crique de Santa Barbara, face à la mer que nous nous sommes posés. Peut être attirés par les dauphins qui "patrouillaient" juste devant la place en cette fin d'après midi.

L'instruction de Valentine était claire: "Je veux des crêpes pour mon aniversaire".

Alors on s'est mis en cuisine et même Lara a cassé les oeufs. Et puis pendant qu'on les préparait, les deux filles ont sorti les déguisements. Début de fête.

Alors pendant que Margot faisait diversion et que les 3 filles jouaient dans la capucine, on a sorti les cadeaux, mis la table et allumé les bougies.

Et pas n'importe quelles bougies.

Impossible de les éteindre! Lara a eu beau aider sa soeur, même quand on les croyait éteintes, 5 secondes plus tard, rebelotte, elles se rallumaient. Tout juste si, une fois épuisé par la tâche, il n'a pas fallut sortir l'extincteur!


Alors on a bien mangé les crèpes et les cadeaux ont été ouverts sans tarder: Légo, mini barbie et sac à dos. Notre Valentine nationale ne pouvait être plus gatée!

Et depuis, on dort avec la mini barbie et les légos sont sur la table quand on roule!

C'est l'histoire d'un volcan......


Lorsque nous rentrons dans le petit village d'El Chaiten, une impression étrange s'en dégage. Ce qui frappe l'attention tout d'abord, ce sont les couleurs ternes. Puis on comprend que la terre grise n'est pas du sable "normal".

Enfin, ce sont des banderolles revendicatrices qui nous surprennent. Il semble qu'il n'y ait pas l'eau courante ni l'éléctricité à les lire. Pourtant un village de 7000 habitants!


Il s'est passé quelque chose ici...

Nous l'apprendrons en allant grignoter dans l'un des rares batiments ouverts. Il y a 2 ans et un jour exactement.

Le 2 mai 2008 vers 1 heure du matin, le volcan El Chaiten s'est réveillé dans une éruption de fumée, de cendre et de pierre.

Cette petite montagne boisée à 10km du village, que beaucoup d'habitants ne savaient pas être un volcan, était endormie depuis plus de 7000 ans.

Une éruption telle que le nuage s'élève à plus de 10 000 mètres d'altitude, visible à plus de 200km à la ronde et  qui recouvre tout sur son passage.
Au vu de l'importance des projections, la ville est rapidement évacuée sur un périmètre de 30 km autour du volcan. Puis au vu des 4 autres éruptions qui éclatent dans les jours suivants, la zone est déclarée contaminée et improductive. La village doit être abandonné.

Quelques semaines après, de fortes pluies font littéralement "exploser" le rio ou s'accumulaient les cendres de la vallée amont et une partie du village est emportée à la mer. On retrouve des maisons éventrées par la cendre qui s'est infiltrée partout puis à gonflée avec l'humidité. Des toits sont emportés 500 mètres plus loin dans la mer sous la force des flots.

Depuis, et malgré des subventions de l'Etat pour quitter le village, environ 300 personnes ont refusé de s'installer ailleurs et tentent de vivre normalement. Mais l'état ne souhaite pas remettre en place les infrastructures nécessaires à un refonctionnement normal expliquant ainsi l'absence d'éléctricité et d'eau courante.

Pourtant le volcan est bien visible au dessus et les fumerolles qui s'en dégagent toujours sont loin d'être anecdotiques.
Impressionnant et .... frémissant.

El Chaiten, c'est l"histoire d'une montagne endormie qui se réveille et transforme un village prospère en une ville fantôme.

La "Carretera Austral": on ne s'attendait pas à cela!


La Carretera Austral est la route qui part de Puerto Montt à Cochrane, soit 880 km. Ce chantier lancé sous l'époque de la dictature du général Pinochet et commencé dans les années 1975 avait pour objectif de relier les différentes parties de l'extrême sud par un axe unique Nord - Sud et partiellement achevé au début des années 90.
Nous avons retrouvé cette route en provenance de la frontière Argentine , au niveau du lac Général Carera, dans son tiers inférieur.

Le premier tonçon, qui nous mènera jusqu'à la capitale de la province, Coihaique, se fera dans des conditions idéales: asphalte, pas de vent et grand soleil sur les sommets enneigés. Même si la température de ce côté-ci des Andes a largement augmenté, nous retrouvons aussi une ambiance plus humide. Climat océanique oblige!

Le lendemain, nous recherchons vainement une lavanderie ouverte pour faire le linge. Rien. L'office du tourisme est lui aussi fermé. Ce n'est qu'un passant qui nous expliquera la raison de ce samedi  de black out: nous sommes le 1er mai. Alors tant pis, on reprend la route.

Direction Puerto Cisnes, à 130 km au nord, sur la côte Pacifique. Cette fois ci il pleut des trombes et dès que nous montons des cols, on tombe dans un épais brouillard. Nous bénéficierons là encore de routes asphaltées sauf sur les derniers 30 km ou la piste reprend ces droits.
 
Les champs céréaliers qui entourent Cohaique sont vite remplacés par de gigantesques champs d'herbes et de broussailles parsemés de troncs gigantesques. Résultat d'une déforestation massive dans les années 1970 où le gouvernement donnait des terres à ceux qui les déboisaients.


Les pluies abondantes toute l'année explique cete surprenante végétation qui recouvre tout. Le paysage est valloné. Nous rentrons dans des vallées tellement encaissées que les cascades nombreuses semblent tomber du ciel tellement les parois sont proches. A de nombreuses reprises, nous ne voyons pas les sommets.

Toute cette eau s'évacue à travers de nombreux rios que l'on croise sans cesse et qui grossissent à vue d'oeil au fur et à mesure que l'on se rapproche de la mer.


Puerto Cisnes est un petit port de pêche caché au fond d'un estuaire donnant sur grande plage de sable. Pourtant avec ce temps gris et ruisselant, l'atmosphère est un peu lugubre. Il pleuvera toute la nuit en rafales et le camping car, pourtant bien à l'abri derrière la mairie, sera plusieurs fois bien secoué.

Le lendemain les choses sérieuses commencent. Piste, piste et encore piste!
On plonge cette fois ci dans une forêt luxuriante, avec des bambous, des maños et des coigues. La végétation est tellement drue que la piste se rétrécie et qu'il est impossible de doubler. Heureusement qu'il n'y a quasiement aucun véhicule et que la vitesse est plutôt faible (40km/h), car la visibilité dans ces pistes zig zagantes est plutôt très faible!
Plus tard ce sont des glaciers qui tombent dans ces forêts qui nous surprennent. Mer, montagnes, forêt et glaciers n'auront jamais été aussi imbriqués que dans cette région. Grandiose!

Nous arrivons en milieu de journée à Chaiten, ville qui possède toutes les infrastructures nécessaires comme nous le précisent nos 2 guides (Gallimard / Lonely Planet).


Pourtant stupeur et surprise en arrivant: le village de 7000 habitants semble désert et des tas de sable gris jonchent les rues.
Et pour cause!

El Chaiten à subit l'éruption de son volcan proche il y a 2 ans et la ville a été ravagée. A tel point que le gouvernement ne veut pas remettre en place les infrastructures (Cf article sur El Chaiten).

Alors face à ce paysage lunaire et cette ambiance particulière, nous partons 10km plus loin dans un autre petit village de la côte pour y bivouaquer et fêter l'anniversaire de Valentine.

Au total 550 km de piste bien humide qui nous aurons fait penser plus souvent à de la forêt tropicale qu'à de la piste sud américaine. Pourant séduits par cette nature sauvage et cristalline, on s'est promis de revenir en été.

vendredi 23 avril 2010

Elliot et sa « pompe à huile », toute une histoire qui se termine bien!

Les lecteurs assidus du blog se souviendront que toute l'histoire avait démarré par une fin d'après midi de Fevrier, sur la redescente d'une montagne en Colombie.
La fuite de l'huile occasionnées par un défaut d'un joint signait le démarrage de ce qui allait devenir, l'épopée de la pompe à huile.

Une première réparation avec un démontage complet de la pompe en question et la pose d'un joint « local » nous avait permis de repartir.

Puis la fuite avait repris, tout d'abord tout doucement puis d'un seul coup s'aggravant. Le nouvel arrêt au stand s'était fait à Puerto Montt, au Chili.

Là encore, joint inconnu et la pièce avait été remplacée par un autre joint standard.
C'est plein d'espoir que nous étions repartis.

Et là, belotte et rebelotte, lors d'un stationnement nocturne, après moins de 500km, le moteur se vidait de toute son huile. Pas difficile de comprendre, en ouvrant le capot, que la pompe et son joint nous faisaient encore des siennes.

Confirmation acquise après un rapide remorquage et une autopsie au garage. Joint de pompe.

Cette fois ci, et c'est en ayant la collection de joint d'origine et successivement monté que nous décidons de faire venir une pièce de France afin d'en finir définitivement avec le problème. Par ailleurs, grâce à l'aide d'un spécialiste des pompes hydrauliques, Santiago HUTT (version camion, bateau et grue en tout genre), nous bénéficions en attendant, d'un joint fait sur mesure qui nous permettait de partir faire une boucle en Terre de feu et de ne pas rester bloqués dans l'attente de la pièce d'origine.

Pendant ce temps là, en France la course contre la montre démarrait et le constructeur de la pompe, la société WABCO répondait présent avec une rapidité exemplaire.

Voire plus même puisque par l'intermédiare de Messieurs DA SILVA et SEMEDO, c'est une pompe complète à titre gracieux qui nous était mise à disposition le jour même. Quand l'info nous est arrivée à Punta Arenas, c'est une bouffée d'oxygène qui nous est parvenue.

Restait à passer les douanes rapidement et sans encombre: l'astuce a été trouvée en l'envoyant avec un paquet postal banalisé portant l'inscription « Regalo » (cadeau en espagnol) et mélée à une Tour Eiffel et d'autres petits objects souvenirs pour nos hôtes du bout du monde (Cf article: la Parillada de Carlos »).

10 jours après, la pompe arrivait à l'extrème sud du Chili et était remontée dans la journée chez Santiago avec un nettoyage complet du moteur.

11 jours après les faits, Elliot avait retrouvé une pompe toute neuve.

Encore merci à toute cette chaine de solidarité.

jeudi 22 avril 2010

Un petit tour de 1500 km en Terre de feu!

Vous êtes nombreux à nous demander à quoi ressemble la Terre de Feu. Alors on a décidé d'y faire une belle boucle et de la découvrir des deux côtés de la frontière (Chili et Argentine).
Le nom "Terre de Feu" provient de l'exclamation de Magellan qui, lorsqu'il découvrit cette contrée, y remarqua de nombreux feux à terre. Ces feu étaient en réalité des signes d'alertes des tribues des indiens Onhas qui s'alertaient entre eux dès qu'un danger arrivait.

Premier constat, les routes ne sont pas goudronnées côté Chilien et c'est donc une piste que nous empruntons dès la sortie du bac qui nous fait traverser le Détroit de Magellan. De la terre et des graviers concassés sur les centaines de kilomètres parcourus. Dès le début et malgrès notre attention, on se prend un gravillon en bas du pare brise mais sans gravité (un petit éclat). Une heure après, alors que la nuit est tombée, c'est une barre de métal de 50cm de long sur laquelle nous roulons qui se redresse sous le passage des roues et nous perfore le dessous de caisse pour se planter dans le bac à douche. Cela commence bien!
Heureusement se seront les uniques difficultés rencontrées sur les 10 jours de la boucle et le bac à douche est déjà réparé.

Pus on descend vers le sud et plus les grands espaces dénudés laissent place à une forêt constituée d' arbres tordus par le vent, aux troncs rabougris ne dépassant pas 5 à 6 m de haut.  Avec l'automne qui s'est bien installé, les couleurs des feuilles passent du jaune au rouille et donnent, sous cette lumière si particulière, des tons chatoyants magnifiques.

On ne compte pas les lacs aux noms magiques que l'on croise (lac Fañano, lac Deseado, Blanco,...) qui donne l'occasion de sortir la canne à pêche et même si l'on rentre bredouille, le temps passé dans cette nature vierge se suffit largement à lui même.

On y croise des centaines de guanacos qui en totale liberté, traversent les routes comme si de rien n'était. Un risque limité vu la faible vitesse sur ces chemins.
Mais ce sera notre rencontre avec un coupe de condors des Andes qui nous impressionera le plus. D'une envergure de 3 mètres, ils nous survolerons à moins de 15m au dessus de nos têtes un matin suivant la crête de la colline qui surplombe le rio ou nous avons bivouaqué cette nuit là.

Mais parler de la Terre de Feu sans parler des estrancias qui s'y trouvent serait une hérésie. Ainsi, nous avons visité l'estancia Vicuña, à l'extrême sur de la Terre de feu Chilienne.
Des bâtiments qui datent de 1915 et des terres à perte de vue. Même si l'heure de gloire de l'élevage des moutons est passée, ce sont encore des centaines de milliers de moutons qui paissent dans les pâturages. Les seuls bâtiments de travail servent à la tonte des moutons, au mois de décembre lorsque  l'ensemble des troupeaux doit être tondu en moins de 20 jours.


Pour imaginer leur importance, nous avons mis plus de 20 mn pour traverser un troupeau qui marchait sur la piste. Cela aura été l'occasion pour nous de voir ces fameux "péones" qui encadrent et dirigent les troupeaux avec l'aide de leur chien. Un véritable savoir faire.

Enfin et pour terminer le tableau, il nous faut parler du vent. Un vent quasi continuel, qui se lève le matin et diminue seulement le soir avec la tombée de la nuit. Près de la côte, c'est la porte de la voiture que nous avons failli arracher en ayant oublié la règle locale: se garer face au vent!

mercredi 7 avril 2010

Una "Parillada" chez les Fernandez- Leal valait bien les 10 ans de Margot!

On a rencontré Carlos en montant par un grand hasard dans son taxi. Elliot s'était vidé de son huile la veille et, en cette fin de semaine Pascale, tout était fermé. On avait donc décidé d'aller faire une escursion à 60km de Punta Arenas en prenant un taxi.

Au retour, après avoir fait plus ample connaissance et expliqué notre situation , rendez vous était pris avec Carlos pour qu'il puisse m'emmener au garage Ford le lendemain.

Finalement c'est non seulement au garage qu'il nous a emmenés mais c'est aussi chez lui que toute la tribut s'est déplacé en nous ouvrant avec une gentillesse extrême les portes de sa maison.

Une famille fantastique de voyageurs: Margarita la maman, Raphaël, Carla et Valentina les enfants de 15 à 18 ans nous accueillent sans aucune surprise.

Et depuis, nous vivons un conte de fée. Bien au chaud, c'est un échange culinaire non stop depuis 3 jours.
Alors quand Carlos nous a annoncé qu'il faisait la "parillada" pour l'anniversaire de Margot, on a applaudi des deux mains!

Carlos possède dans sa maison un matériel de pointe: foyer avec cheminée éclairée,  3 grilles, extraction des graisses (qui ne tombent pas dans le foyer!) et gestion de la hauteur de la grille par une crémaillère de luxe.
Et puis c'est avec un sac complet de charbon que Carlos ouvre les hostilités et rapidement le foyer ronfle et la braise laisse présager du sérieux.

2 heures après, nous voila attablés devant un pavé découpé au couteau de boucher gigantesque et des blancs de poulet au citron!
Un vrai régal...

Alots en bouquet final, dans un dernier volte face, nous sortons le plat de crêpes réclamé par Margot pour souffler ses bougies.

Echange sur la Nutella et la citron-sucre, ouverture des cadeaux (il y en a pour toutes les filles avec nos hôtes!) et c'est bien tard que nous allons tous nous coucher, ravis par cette soirée fantastique et chaleureuse.


Punta Arenas, l'escale du bout du monde...


Punta Arenas, ville de 160 000 habitants est la capitale de la dernière province du Chili (Magallanes) et s'étend sur la berge continentale du détroit de Magellan. Coincée entre les dernières hauteurs des Andes et le détroit, émaillée de batiments rouillés couverts de tôle ondulée, de maisons de bois aux couleurs pastel et de splendides demeures datant de la fin XIX ème siècle, on se sent arrivés dans une atmosphère de bout du monde.
Située à 53° de latitude sud, c'est le vent qui surprend. Il se lève d'un coup, lance des bourrasques cinglantes qui font reculer les passants et malgré la mer  quasi intérieure, lève un clapot qui transforme le bleu marine du détroit en un moutonnement blanc jusqu'à l'horizon.
Et puis, une heure après, tout se calme. Les nuages disparaissent et les rayons réchauffent l'atmosphère. Une dépression vient de passer. On dit qu'ici, c'est l'enchainement des saisons qui passe en une journée.
Et c'est vrai!

C'est toute l'histoire du grand sud qui se retrouve à Punta Arenas: la grande époque des clippers et des Cap horniers (Panama n'existait pas) , puis l'explosion de l'élevage de moutons et du négoce de viande et de laine, enfin le rêve des chercheurs d'or de la terre de feu. Une histoire à faire rêver les entrepreneurs, faite de fortune, d'immenses espaces et de colons, mais aussi d'horreurs avec le génocide des différentes colonies d'indiens qui vivaient déjà dans ces étendues désertiques.

C'est aussi la conquête espagnole qui atteind son apogée, mais aussi ses limites avec l'établissement de 300 colons espagnols qui tentèrent vainement d'établir la première colonie il y a 400 ans. 2 ans après, il ne restait que 2 survivants dans ce lieu de la côte aujourd'hui appelé "Puerto Ambre" (Port famine).

On pourrait disserter longtemps sur cette ville australe mais c'est en la parcourant à pied, en collectivos (taxi partagé) et dans ces alentours que l'on comprend pourquoi les locaux y sont aussi attachés.

mardi 6 avril 2010

Le parc national Torres del Paine

A une centaine de km au nord de Puerto Natales se trouve le parc Torres del Paine avec ses 181 000 ha de nature sauvage. Son nom vient de 3 tours (torres) déchiquetées de granite bleu et gris (le mot "paine" signifie bleu foncé en langue tehuelche) que l'on peut apercevoir si le temps le permet.

L'Unesco l'a déclaré réserve de la biosphère en 1978. Dans ces solitudes, vivent de nombreuses variétés d'oiseaux et de mammifères: aigles, condors, ibis, flamants roses, nandous (ressemblant aux émeux et autruches), guanacos (cousins des lamas), pudus, renards, loups, pumas et chats sauvages.

Tout est prévu pour l'accueil des nombreux touristes. Seul problème, Elliot est trop large pour franchir le pont situé à l'entrée du parc! Nous devrons donc bivouaquer au bord du rio et nous rendre aux tours en bus.
Picnic dans les sacs à dos, nous partons randonner sur le chemin qui monte aux tours.

Prévoyant que Lara ne pourrait pas faire la ballade, Manu lui confectionne un siège dans un sac à dos. Bien vu! Elle s'endormira avant d'arriver au refuge Chileno et dormira plus de 2 heures sous la cape de pluie.





Pendant ce temps, les plus courageux, Martin et Manu, grimperont jusqu'au mirador Las Torres.
La redescente sera plus facile et la nuit qui suivra sera bonne!


Le lendemain, nous rejoignons par une autre route le Lago Grey et embarquons sur un bateau pour aller voir de près le glacier du même nom. Nous croisons nos premiers ice-bergs bleu turquoise. Nous sommes à la fois impressionnés et envoutés lorsque nous longerons le glacier, par les formes, les couleurs, les lumières qui jouent avec la glace. Il se gage aussi une force exceptionnelle.
Nous aurons droit à un Pisco (alcool chilien) avec un glaçon du glacier.


Encore un moment fantastique de pur bonheur!

mercredi 31 mars 2010

Les canaux de Puerto Montt - Puerto Natales croisière de rêve


Nous avons cassé la tire-lire et vendredi dernier nous avons embarqué Elliot et la petite famille sur le cargo de 123m prénomé "Evangelista". La levée d'ancre faite vers 17h, nous regardons la ville s'éloigner tandis que le fjord d'Ancud s'ouvre devant nous.
Le temps de faire connaissance avec l'équipage, nous passons au self pour notre premier diner. Il apparait alors que le bateau est loin d'être plein. Tant mieux! La première nuit est moyenne pour les grands et bonnes pour les filles. Après un petit déj à 8h, nous assistons au briefing puis à une 'conférence' sur la faune locale. Le ryhtme se prend et les plus fatigués (Laure) pique une sièste.
Le paysage défile et les canaux s'enchaînent au nom plus enchanteurs les uns que les autres;Golf de Corcovado, canal Moraleda, Chacabuco,...

Rejoignant le Pacifique à la hauteur de la Bahia Anna pink, nous apercevons les évents de quelques baleines assez près de nous. Magique! d'autant plus que ce n'est pas la saisons, soi-disant!
Après la projection du film 'La marche de l'empereur', on nous prévient que notre sortie dans l'océan Pacifique dont nous devons longer les côtes une partie de la nuit peut secouer très fort. Nous sommes invités à acheter des pillules contre le mal de mer.
Sceptiques, nous décidons d'attendre et nous franchissons nos premières vagues en riant. Les filles se croient sur un manège. Finalement, la mer est plutôt calme et la nuit sera bonne.

Au matin, nous débarquons une petite heure dans le village de Puerto Eden, perdu sur les bords d'un fjord. Drôle de sentiment! Malgré les couleurs attirantes des maisons en bois, nous percevons un isolement terrible des populations, une humidité ambiante invaincue. Nous promènerons sur des pontons car le sol est détrempé où que nous allions.
Nous embarquons quelques passagers supplémentaires et nous voici de nouveau à bord.
En fin d'après midi, au bout du canal Grappler et sous un soleil assez exceptionnel pour la saison, nous découvrons respectueusement le galcier PIE XI, l'un des rares glaciers qui avancent. et le plus grand d'Amérique du Sud.  C'est féérique!
Au sommet du glacier à 23 km de là, la neige s'accumule. Puis elle se tasse dans des couches de glace. Tout en bas du glacier, la glace très dense, de couleur bleu turquoise tombe par pans entiers dans les eaux du Pacifique. C'est un spectacle incoryable, impressionnant et inoubliable.

Comblés par ces images, nous prenons place pour le Bingo (le loto) de la soirée. Margot raffle un super lot (couteau 'suisse' et lampe torche). Décidement, la journée était placée sous le signe de la chance!

Lundi matin, nous franchissons le point le plus étroit du voyage à Kirke pass. 80 m de large! Il semble que nous ayons tout juste la place de passer.
Vers midi, le voyage se termine dans le détroit de Magellan en accostant à Puerto Natales.
Nous débarquons Elliot pour qui tout s'est bien passé également.
En route pour le parc National de Torres del Paine!

lundi 29 mars 2010

Une pêche au saumon avec un Chilien, cela change tout!


Et c'est pas peu de le dire !

Après quelques tentatives infructueuses sur le lac de Villarica, on commence à toucher le fond quand Martin en désespoir de cause se lance dans la pêche de volatiles. Il faut faire quelques chose car les souvenirs triomphants de quelques carpes et tanches oléronnaises commencent à dater !

Et bien, grand bien nous à fait de rencontrer Juan  à Puerto Montt. En quête de matériel à la hauteur de nos espérances, nous achetons du fil des plus solides, des hameçons bons à crocheter un fourgon de la brinks et des mouches dopées aux anabolisants. Tout ça sous les conseils d'un client présent dans la boutique. Avec tout ce matos on en viendrait presque à avoir peur : mais qu'y-a-t-il sous les eaux chiliennes qui nécessite un tel armement? Nous discutons le coup avec notre informateur, qui se trouve être un revendeur de materiel de pêche, d'articles de sport pour Le coq sportif. Le courant passe si bien que proposition nous est faite d'aller pêcher 4 jours plus tard avec lui, sur le lago Llanquihue.

4 jours passent et nous voici à Puerto Varas face au lac : aujourd'hui c'est soit la baraka soit la tête sous l'eau.

Après le dejeuner voici Juan Morales qui débarque et nous partons en direction de Puerto Chahuaco où son zodiac est amarré. On arrive dans une grande propriété en bord de lac. Le proprio n'est pas là mais Antonio qui s'en occupe - un ami de Juan - nous invite à nous garer en bas. Face au lac, le soleil en haut, le volcan Osorno à droite, on est assez à l'aise en fait. Mais vite il serait temps de partir, le poisson n'attend pas! On sort le zodiac, embarquons le matos (2 cuillères pour nous, 150 rapala pour Juan) disons au revoir aux filles et hop le moteur est en marche.

On laisse trainer les lignes, allure tranquille, on fait 100 m...et bing ça tire chez Manu. On remonte tous chacun sa ligne et lui en dernier. Ca tire, ça saute au loin et après 2 minutes voici un saumon fort honorable d'un kilo environ dans les filets. Well done, l'honneur est sauf! Petit coup sur le crâne, photo, on relance les lignes et c'est reparti. 300 m et bing...on prend les mêmes et on recommence : Manu, saumon, p'tit coup, photo. Ca fait marrer Juan, surtout qu'on a pioché allègrement dans ses appâts, moi un peu moins : c'est quoi ce favoritisme ?

On repart et là quepouic, nada, des nèfles. À croire qu'ils sont tous partis à la bamboula des saumons quelque part. Et au bout de ¾ d'heures la bête mord. C'est pour Juan. Il me passe la canne (sympa) pour manoeuvrer le zodiac...et moi je commence à me faire les bras, tout en me disant quelle taille doit faire le truc qui tire autant au bout. Un petit saut au loin et on est tous d'accord pour dire que c'est un beau bébé. 5minutes après une belle saumonette de 60 cm monte – que dis-je – est hissée à bord. Photo avec Juan, photo avec Martin, photo avec Osorno le volcan. Nous lui rendons grâce quoi. On ne s'étendra pas sur le plus petit saumon pêcher par Martin, n'ayant plus rien à prouver depuis l'épisode du Cormoran. Juan en prend un dernier et on file car il commence à faire nuit et le zodiac commence à ressembler à un sandwich, nous au milieu.

Une fois à terre, les poissons sortis les filles nous prennent un peu moins pour des rigolos. On sort le côte du Rhône, le paté landais et fêtons ça avec Juan alors que la nuit est bien tombée. Un mec super Juan, fin gourmet pour couronner le tout. Promesse est faite de se revoir au plus vite ici où là-bas en France.

Hasta pronto Juan Rapala

Suerte !

Chiloé, l'île des légendes et des fjords embrumés.

Une fois de plus Elliot est chez Ford pour changer un roulement. Nous profitons de cet arrêt de 4 jours pour partir en excursion sur l'île de Chiloé, la 2ième plus grande île du Chili.

Nous sautons dans le premier bus.

La première chose que l'on remarque sur l'île est la route des Eglises. Classées au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, ces églises sont toutes en bois et pour la plupart peintes. Ce classement a permis leur restauration dans les règles de l'art. Malheureusement, ces églises ne sont ouvertes que quelques heures par jour et nous ne pourrons en admirer certaines, que de l'extérieur.

Nous faisons notre première halte à Chonchi, situé au milieu de l'île sur la mer intérieure.

Village isolé, nous y apprendrons la légende de Trauco, personnage mythique difforme qui a la particularité de séduire les jeunes filles. Son rôle social permet d'expliquer les grossesses d'adolescentes, et, dans certains cas, de dissimuler des pratiques incestueuses dont la mise à jour aurait de grandes conséquences dans une communauté aussi restreinte...

Après avoir profité de nos nouveaux amis marins français (cf article suivant), nous reprenons un mini bus qui nous fait traverser l'île vers l'ouest et le village de Cucao. Accrochées sur une côte sauvage, battues par les vents ces petites maisons multicolores tiennent debout malgré tout. Le temps menaçant ne nous décourage pas et nous partons en ballade après avoir posé nos affaires dans une pension chez l'habitant. Nous arpentons une longue plage où la succession de vagues déferlantes est incessante.

En fin d'après-midi, Manu et Martin s'aprêtent pour une partie de pêche.

Après avoir tenté leur chance sur la plage, ils rebroussent chemin et plongent leurs lignes dans un rio. La pluie ne les arrête pas et c'est à la nuit tombée que nous les voyons arriver, triomphants.

Les poissons seront offerts à nos hôtes.

Après une nuit à faire sécher les vêtements autour du poele, nous décidons de remonter vers le nord ouest de l'île pour tenter d'aller voir les pingoins à Pinhuil. Nous rejoindrons Castro, la petite capitale de l'île en bus puis un taxi nous convoie et finit sa course sur la plage au bout de laquelle nous trouverons une 'cabana' à louer pour la nuit.

Nous nous levons avec le soleil et après le petit déjeuner, nous grimpons dans la barque du patron du restaurant pour aller approcher des îlots, refuges des pingoins de Humbold et de Magellan.

Excitation totale lorsque nous apercevons nos premiers specimens, puis se seront des loutres de mer qui feront la planche pour grignoter des coquillages, des cormorans aux pattes rouges....

Bref, un festival de vie sauvage dans un cadre intact.

Notre visite à Chiloé se termine en nous laissant plein de sensations fortes.

Qui sommes-nous ?

La famille CORBASSON, domiciliée à Bourg Saint Andéol en Ardèche. Emmanuel, dit papa Manu. La quarantaine, déjà un tour du monde sac au dos, souhaitait faire une parenthèse familliale dans un job prenant et réaliser un rêve de longue date. Laure, la maman. La quarantaine aussi, voulait vivre une aventure mélant horizons nouveaux, famille, culture et ouverture en direction de l'Amérique du sud, ayant déjà vécu 3 ans en Asie. Margot, 9 ans, en CM1, elle a dit au revoir à ses copines le coeur serré, potassant deux mois avant le grand départ le dictionnaire d'espagnol pour se mettre au niveau (L'anglais avait déjà démarré bien avant!) Valentine, 5 ans, l'espiègle de l'équipe, elle vit déjà l'aventure avec ses poupées, leur racontant son voyage avant l'heure. Lara, 2 ans, la petite dernière, qui n'a pas sa langue dans sa poche, saura sans aucune crainte se faire comprendre de ses interlocuteurs. L'avenir nous le dira.....

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